KARAGACHEVAIA ROSHA : UN PATRIMOINE A PRESERVER


Ce parc est véritablement une quasi-forêt au coeur de la capitale kirghize. Avec
une superficie d’environ 129 hectares au Nord du canal Chui, il est l’un des plus
grands parcs de Bichkek. Il comprend plusieurs espèces d’arbres (ormes,
chênes, bouleaux, hêtres...) ainsi que deux vastes plans d’eau.



Son étendue et sa configuration en
font un potentiel refuge intéressant
pour des espèces animales du
Kirghizstan en voie de disparition,
comme l’envisage le projet Ecoparc.
Néanmoins, il est actuellement
confronté à deux menaces majeures :
une urbanisation galopante qui se
traduit par des coupes d’arbres et des
constructions illégales, une pollution
par des déchets « classiques »
(bouteilles, plastique,...). Quelle est
l’histoire de cet immense parc ?
Pourquoi sa protection (voire sa
mutation en parc animalier) est
fondamentale pour la municipalité de
Bichkek, ses habitants et ses
visiteurs ? Par quels moyens faciles à
mettre en oeuvre pourrait-on initier
une préservation de Karagachevaia
Rosha ? Le parc s’étendait sur 215,69
hectares en 1992, il est donc urgent
de stopper l’hémorragie et de
réhabiliter cet immense espace vert...

Karagachevaia Rosha : un parc ancien

C’est le botaniste et horticulteur Alexei FETISOV et ses élèves qui sont à
l’origine du parc de Karagachevaia Rosha, crée
en 1881. En effet, ce sont eux qui ont planté la
plupart des arbres qui ombragent encore cet
immense parc. Dès 1883, FETISOV fit planter
des ormes, arbres adaptés aux conditions
climatiques locales, afin d’assécher la zone où
se trouve le parc actuel, qui était alors
marécageuse.

Traversé dès ses origines par de nombreuses
allées, le parc est particulièrement apprécié en
automne et au printemps. Mais sa localisation
un peu en retrait de la ville fait qu’il attire
beaucoup moins de visiteurs qu’il pourrait en avoir potentiellement. Après la
seconde guerre mondiale, le parc a été agrandi et est devenu l’un des lieux de
vacances préféré des habitants de Bichkek.

On peut voir grâce à la photo ci-dessous que l’un des deux plans d’eau de
Karagachevaia Rosha, le lac Pionnier, était parsemé de bateaux de plaisance au début des années 1960. A
l’époque soviétique, il était le théâtre de nombreux
évènements et attractions, ce qui est beaucoup moins le cas
aujourd’hui. Néanmoins, sont organisés annuellement, une
compétition d’orientation et le festival tatar Sabantuy qui se
tient en général entre le 15 juin et le premier juillet. Ce dernier a des origines très anciennes mais fut institué comme fête nationale tatare à l’époque
soviétique. A ce titre, Sabantuy se déroule dans toutes les villes comprenant une importante diaspora tatare. Musique et compétitions sportives (lutte, course à cheval...) font de cet évènement une grande fête des peuples turcs (au
delà même des Tatars).


Un patrimoine à protéger (voire à développer)

Pourquoi ?


- Karagachevaia Rosha fait partie de l’âme de Bichkek et l’histoire du parc
est intimement liée à celui de la ville.
- Son étendue, le nombre et la variété de ses arbres en font un site
privilégié en termes de biodiversité et d’absorption de CO2.
- Il peut être considéré comme un lieu pour se ressourcer, pour couper
avec le foisonnement urbain, alors qu’il est assez proche de la ville.
- Il peut potentiellement devenir une réserve pour une faune et une flore
locale, ou, dans l’optique de sa transformation en parc animalier, pour
les espèces du Kirghizstan en voie de disparition.
- Conséquence du point précédent, Karagachevaia Rosha joue un rôle à la
fois dans le développement du tourisme et dans la conservation des
espèces menacées.

Comment ?

Installer des poubelles à intervalles réguliers, voire un système de tri
sélectif, serait extrêmement bénéfique à la santé environnementale et à
l’aspect du parc ;
- Borner clairement les limites du parc afin d’empêcher principalement les
coupes de bois et les constructions qui se multiplient dans les zones
adjacentes et au sein même du
parc. La photo ci-contre, prise en
août 2012, montre justement
l’une de ces constructions
illégales.
- Mettre en place une surveillance
permanente du parc ;
- Répartir des affiches ludiques et
pédagogiques expliquant l’utilité du tri, la longueur du processus de dégradation des déchets dans la nature, le rôle des arbres dans la
préservation d’un air de bonne qualité...


Les multiples intérêts d’un parc animalier à Karagachevaia Rosha

Conservation et protection des arbres comme des espèces autochtones
ou d’animaux en voie d’extinction
- Sensibilisation à l’urgence de préserver l’environnement à travers la
présence d’animaux menacés (panneaux d’information sur ces espèces)
- Intérêt pour les universités de Bichkek et les personnes travaillant dans
des disciplines reliées à la nature et aux animaux (zoologie, éthologie,
parasitologie, médecine vétérinaire...)
- Création potentielle d’emplois de peu qualifiés à très qualifiés :
surveillants, animateurs, personnel administratif, soigneurs animaliers,
paysagistes,...
- Stimulation d’une production agricole locale (environs de Bichkek) pour
la nourriture des animaux
- Jumelage et partenariats potentiels avec d’autres « éco-parcs » en
France ou ailleurs, offrant une visibilité accrue à Karagachevaia Rosha et
au Kirghizstan plus largement.

La préservation de Karagachevaia Rosha est nécessaire à la ville de Bichkek. Le
projet de parc animalier offrirait de réelles opportunités économiques, un
grand intérêt scientifique tout en rétablissant des liens entre la population et sa
nature, que la vie citadine et les difficultés économiques ont progressivement
distendus.

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